jeudi, 26 octobre 2006
Avoir un enfant
Je voudrais avoir les points de vue des lecteurs sur ce sujet qui ne fait pas l'unanimité, n'hésitez pas à laisser un commentaire. Merci!
Très jeune, déjà réaliste et blasée, je ne m'imaginais pas partager ma vie avec un homme. Je ne me voyais pas entrer dans le cadre de la famille parfaite: un mari, une maison à crédit, deux voitures citadines, un labrador, trois enfants, un travail en tailleur, etc...![]()
Le "hic" c'est que, malgré tout, mon désir de maternité a toujours été présent et je ne me voyais pas finir ma vie sans avoir enfanté et éduqué.
Bon.
L'un sans l'autre n'est pas la plus formidable des équations. Les mères céibataires n'ont en général pas choisi d'être seule avec leur enfant. Quand c'est le cas, elles ont le plus souvent un super boulot, pas mal de thunes et approchent de la quarantaine...(Généralités sur plateau messieurs dames, c'est voulu. J'ai un cas dans la famille qui ne rentre pas dans ces cases)
Je ne suis pas le genre de nana avec qui on veut partager sa vie (oui, il y a un genre comme ça!!), de qui on veut un enfant, etc. Depuis des années je dis que je ferai un enfant seule. Et je vieillis. Il est temps de concrétiser! Mais en ayant frolé la vraie relation sérieuse avec désir d'enfant, mon point de vue s'est légèrement décalé.
Je doute.
Je sais que si je n'ai jamais d'enfant, j'en souffrirai. Je me rassure en me disant que c'est mon côté égoïste qui engendrera ce regret. Comment distinguer une envie saine d'un manque affectif ainsi comblé?
Ceci dit, je ne veux pas d'une poupée à habiller et coiffer. Je veux transmettre ce que l'on m'a appris, rendre quelqu'un heureux et lui donner les moyens de construire son propre bonheur par la suite. Je veux donner la vie, que mon corps fabrique et agence les cellules pour former un être humain. Je veux prolonger la famille.
J'ai comme un sentiment de passeur de témoin entre ma mère plus particulièrement et mon enfant. Comme si j'étais là pour apporter un petit enfant à ma mère, comme si elle m'avait mise au monde dans ce but. Dans le but de prolonger la famille et de s'assurer que ça continue après elle.
Le côté universel qui existe quand on regarde un enfant est quelquechose qui m'emplit d'enthousiasme et d'amour. Voir un enfant vivre (CAD jouer, grandir, apprendre, parler, respirer, guérir...) me ramène à la création, à l'évolution, au passé, au futur. Je ressens quelquechose de fort quand je suis avec des enfants, que je leur apporte le peu que je sais. Je ne peux qu'imaginer ce que ce serait si c'était le mien, et je suppose que la sensation serait pleine, ronde, parfaite.
Je ne m'étais jamais vraiment posé la question de "qui" serait le père. Je pensais à un amant avec qui je m'entendrais assez pour lui demander... Car je ne voulais pas faire un petit dans le dos non plus, et puis ça ne va pas avec mes principes sanitaires (je parle du préso, là :->). Donc rien de bien "organisé" ni "organisable"... Me disais que je verrai le moment venu.
Le truc... C'est que maintenant j'ai un peu de mal à admettre que mon enfant ne soit pas le fruit de l'Amour. Outre de lui enlever un père, je lui oterai aussi une fondation. Pourquoi venir au monde si on n'est pas voulu, désiré très fort par le père autant que la mère? On part déjà avec une souffrance, un manque, un sentiment de rejet, non?
Puis-je lui infliger ça?
Actuellement, je ne peux penser à personne qui tienne ce rôle de procréateur. Je n'arrive même pas à imaginer le mec idéal pour tenir ce rôle.
Alors... Vais-je faire un enfant un jour?
Si ce n'est pas le cas, une part de moi ne s'accomplira pas et sera morte, gâchée. Je serai peut-être heureuse durant ma vie, un bonheur honnête et simple comme celui d'aujourd'hui mais au moment du bilan, je constaterai qu'il m'a toujours manqué quelquechose. Personne ne sera là pour perpétuer la famille après moi. Ma vie aura servi à quoi, alors? à me faire vivre, moi. Si ça c'est pas égoïste!
Ces dernières semaines je pense pour la première fois: je ne ferai peut-être pas d'enfant. De là à ce que cela devienne une décision, il n'y a qu'un pas...
16:29 Publié dans **Journal d'intimité publique** | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note




Commentaires
Je découvre ton blog aujourd'hui, et le sujet évoqué est un sujet qui me touche... J'ai longtemps cru être, comme tu le dis, être du genre avec lequel on ne partage pas sa vie, et pourtant... tout change. Alors, quelle que soit la manière, j'espère que tu l'auras un jour, ce petit bout de toi...
Ecrit par : Ephemeria | jeudi, 26 octobre 2006
quel que soit ton age, un enfant arrive du jour au lendemain (puis neuf mois plus tard) mais n'abandonne pas ce reve parce que tu te dis qu'il est trop tard, et puis ne te sens pas egoiste en pensant aux raisons qui font que tu pense avoir envie d'un enfant. Quand le moment sera la, ca arrivera, et si le moment n'arrive pas, pas de stress. Quand un enfant arrive, tout s'envole, il est la. D'abord bien sur il n'est qu'un bebe sur lequel tu peux projeter tout ce que tu veux, il est le plus merveilleux, c'est magique. Puis petit a petit la realite s'installe, et toutes les raisons que tu auras invoque pour avoir un enfant ou pas s'envoleront dans un quotidien intense, genial et frustrant parfois! La vie prends vite le pas. L'enfant deviens lui meme. enfin voila.
Ecrit par : george | vendredi, 27 octobre 2006
Ephemeria: Normalement je le cache mon blog, pour l'instant je l'exhibe un peu, après on me trouvera de lien en lien :-) Merci de ta vision positive!
George: yes. Je ne prends pas de décision encore, on voit venir, mh? J'aimerais savoir si tu parles par expérience ou par sentiment des choses? Merci d'avoir pris le temps en tout cas ;-)
Ecrit par : So | vendredi, 27 octobre 2006
oui je parle par experience, par observation surtout, des gens autour de moi. Combien de fois ais-je vu de couples ensemble pendant plus de dix ans sans avoir d'enfants, puis soudain l'un des partenaires rencontre quelqu'un, decide de quitter sa vieille vie, puis un enfant arrive, peu de temps apres. Pour moi un enfant c'est deux desirs qui se rencontrent au meme endroit de leur desir(?!), et a partir de la tout va tres vite.
Ecrit par : clo | vendredi, 27 octobre 2006
Ah oui et je voulais dire que c'est pas non plus parce que tu auras pas eu d'enfant "qu'une partie de toi seras perdue, morte, gachee!!"
Qui est ce qui t'as mis ca dans la tete, une femme sans enfants est une femme gachee??? non la franchement non, comme dirait l'autre, on a pas besoin d'avoir des enfants pour se prouver que l'on est femme.
Ecrit par : george | vendredi, 27 octobre 2006
George: Par expérience j'entendais "expérience personnelle", à savoir, as-tu des enfants? Tu parles de deux désirs qui se rencontrent, si c'est le désir d'enfant, ça rejoint mon questionnement: jolie façon de faire un enfant, avec un futur père. Si ce n'est que le désir sexuel, est-ce une erreur de faire un enfant avec un amant...?
En ce qui concerne la "femme gâchée", personne (parent, amis, société, tradition, doctrine religieuse, etc.) ne m'a mis ça dans la tête; c'est un sentiment personnel. Certaines femmes seront plus heureuses sans enfants, c'est loin d'être une obligation, c'est fini la procréation de survie. Moi non. Je serai bien plus heureuse avec, je me sens "faite pour".
Bon lundi!
Ecrit par : So | lundi, 30 octobre 2006
Oui j'ai un petit garcon de trois ans, et malheureusement pour lui son pere et moi venons de nous separer. Donc je me sens tres coupable, mais bien sur la pire des choses serait de se dire que l'on aurait peut etre pas du faire un enfant si vite (ce que l'on se dit forcement, comme une autopunition) mais mon fils est bel et bien la, je l'aime de tout mon coeur et je fais confiance en son pere (que j'ai choisit et que je ne regrette pas), en lui et en moi.
Ecrit par : george | lundi, 30 octobre 2006
George: C'est normal que tu culpabilises, c'est le genre de sentiment qu'on ne contrôle pas, même si on sait que dans le fond on a fait le bon choix. Maintenant, quand on est en couple et qu'on reste frileux à la conception par crainte d'une éventuelle séparation future, c'est vivre dans la crainte, donc pas très épanouissant. Il n'y a jamais lieu à mon avis de regretter d'avoir fait un enfant. Si je décide de sauter le pas un jour, ce sera assumé; c'est avant que je me triture la tête. Les couples séparés sont légion et ce n'est plus une tare d'être "enfant de divorcés", les enfants le vivent très bien pour la plupart. Le principal c'est d'agir pour lui et de rester neutre, ne pas l'impliquer dans ses problèmes. L'aimer et le protéger, quoi... Ce qui m'a l'air d'être ton cas, je te souhaite bon courage en tout cas!
Ecrit par : So | lundi, 30 octobre 2006
il est devenu joli ton blog
Quand je parlais de deux desirs, je parlais aux dela du desir sexuel, du desir d'un enfant, qui peux etre tres fort parfois des les premieres rencontres, comme une evidence
Ecrit par : george | mardi, 31 octobre 2006
merci ;-) je découvre le bidouillage, je fais des essais quand j'ai 5 minutes, ça change tout le temps!!!!!
Le désir absolu, quoi, le beau, celui qui n'a pas besoin d'être justifié, jamais... Visiblement tu l'as vécu, c'est bien :-)
Ecrit par : So | mardi, 31 octobre 2006
Ma tite So pas le genre de fille avec qui l'on veut vivre??? Moi j'adore ça partager ma vie avec toi ma puce! même j'en redemande!
Sûr qu'il y aura un jour un homme (et peut-être même un grand beau black) qui voudra me piquer ma place et finalement te faire un beau métis ;)
Je te connais bien et aujourd'hui tu désespère car tu ne t'imagine que l'élever seule ton bout de chou. Alors qu'en fait faire un enfant c'est au delà de l'envie d'être mère, au delà de l'envie de procréation. Il s'agit d'une rencontre: un homme qui finalement un jour nous inspire un père.
Chaque chose en son temps, la roue tourne et ton tour viendra... (voilà un enchainement bien banal de vérité toute faite!)
Ecrit par : xl | lundi, 20 novembre 2006
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